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Italian Cars Club
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Le salon de Turin en Italie
est toujours le siège d'importants dévoilements. En 1970,
on y dévoila une spectaculaire berlinette biplace avec un
moteur situé au centre, la Lancia Stratos. La Stratos
était un prototype dessiné par l'équipe de Nuccio Bertone
et son nom symbolisait "l'ascension vers la stratosphère".
Le prototype dessiné par Marcello Gandini pour le 52ème
salon de Turin fait en effet preuve d'un modernisme
troublant. Son capot plongeant assure un aérodynamisme
optimal tandis que son pare-brise inclinable permet
d'accéder à un poste de pilotage avancé à la manière d'une
Formule 1.
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Le conducteur était positioné
complètement à l'avant de la voiture.
Les dessinateurs ont probablement créé le premier
exemplaire d'habitacle avancé sans même s'en rendre
compte. De plus L'accès
à l'habitacle se faisait par une porte à l'avant qui se
trouvait à être le parebrise.
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Le design
radical et futuriste fût le résultat d'intenses séances
d'essais aérodinamiques en souflerie
afin de réduire au minimum le coefficient de résistance au
vent. Le résultat finale ressemble plus à quelque chose qui
serait sorti directement d'un film de science fiction qu'à
une voiture. |
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Fiorio a été impressionné par
la maquette de Bertone présentée au salon.Il convainquit
les responsables de Lancia de construire un véhicule
spécifique pour se lancer dans le Championnat
International des rallyes et non de partir d'un modèle
existant.
Il crée ainsi un précédent en faisant construire une
voiture pour la faire concourir et non pour la vendre!
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Pour Lancia, le problème
était d'arriver à construire ce modèle à un nombre
suffisant d'exemplaire
(500 pour l'homologation) sans générer des coûts
exorbitants, c'est à dire sans créer une chaine de montage
spécifique et, d'autre part, sans dédier une équipe de
techniciens pour effectuer les montages manuellement. Il
résolurent ce problème en sous traitant la construction du
chassis et de la carosserie en fibre de verre chez le
concepteur du modèle, Bertone. L'assemblage final sera
assuré chez Lancia.
Fiorio travailla avec Bertone sur la maquette avec nombre
d'ingénieurs et une nouvelle maquette, roulante celle-ci,
fut présentée au public à Turin en novembre 1971 : c'est
la Stratos HF.
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La Stratos est alors désignée
comme la remplaçante de la Lancia Fulvia HF dominant le
championnat du monde des rallyes. Elle possédait un moteur
Lancia V4 1,6 l en position centrale arrière dans un
chassis monocoque et tubulaire en acier avec un habillage
en fibre de verre pour les portières et les capots avant
et arrière. Toute la partie arrière, suspensions et moteur
est complètement découvrable pour une accessibilité
maximale. L'aérodynamique a été particulièrement soignée
avec un nez très plongeant et
très pointu où sont logés les phares escamotables, le tout
surmonté d'une verrière hémisphérique.
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Le moteur présenté à
Turin en 1971 est trop juste en puissance pour les
ambitions de la voiture. Parallèlement, Enzo Ferrari ne
désire plus continuer à produire la Dino 246 sous son nom
car elle est équipée d'un moteur ne correspondant pas à la
culture de la marque (les célèbres V12). Le moteur qui
équipe cette voiture, un V6 2,4 litres 12 soupapes, a été
dessiné par le propre fils d'Enzo Ferrari, Dino Ferrari,
prématurément décédé en 1956.
FIAT le reprenant à son compte, ce moteur peut être
implanté dans un autre modèle. Cesare Fiorio hérite ainsi
du seul V6 Ferrari!
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Cette voiture était l'arme
fatale que le groupe FIAT entendait utiliser en rallye
pour la saison 1971. La Stratos avait pour mission de
succéder à la Fulvia qui ne pouvait désormais plus plus
tenir tête aux Porsche 911 et aux Renault Alpine.
Le poids de la Dino étant jugé
trop important et son empattement jugé trop long pour
qu'elle puisse être compétitive, le groupe FIAT préféra
partir d'une feuille blanche en concevant une toute
nouvelle voiture.
Le châssis de la Stratos était construit à partir de tubes
d'acier soudés les uns aux autres, ce qui procurait une
grande rigidité à la voiture. Les portières et le toit
étaient faits avec des tôles d'acier. Les capots avant et
arrière étaient
réalisés en fibre de verre. Le tout permettait de combiner
légèreté et rigidité puisque la Stratos ne pesait que 2000
livres.
Les freins à disques, aux 4 extrémités, assuraient le
ralentissement. Ils ne disposaient pas de l'assistance
servofreins, ce qui avait comme résultat qu'il fallait
avoir un mollet musclé! Les jantes, en alliage léger,
étaient fournies par la compagnie " Campagnolo ". Dotées
d'un diamètre de 15po, elles s'appuyaient sur des "
Pirelli P-7 ", de dimensions inconnues.
La suspension à quatre roues indépendantes complétait
l'ensemble.
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Le moteur de la Dino
était robuste, avait fait ses preuves et, chose encore
plus importante, il pouvait être développé pour être
encore plus puissant. Une culasse à 24 soupapes y fut
ajoutée et son taux de compression fut graduellement
augmenté.
Officiellement, afin de ne pas offusquer les acheteurs de
Dino, il ne produisait que 190 chevaux. La réalité était
cependant tout autre. Le moteur de la Stratos produisit
progressivement 245, 300 et finalement, 360 chevaux.
Malheureusement, la version de route était commercialisée
avec la version produisant 190 chevaux!
Une transmission à 5 vitesses complétait l'ensemble. La
transmission de la version de route était entièrement
synchronisée, tandis que celle de la version de rallye
était non-synchronisée. La non-synchronisation de cette
transmission s'explique par
le fait que les bagues de synchronisation ne pouvaient
accepter la puissance phénoménale du moteur de rallye.
En plus d'atteindre 230 km/h,
la Stratos de route pouvait effectuer le traditionnel 0-96
km/h (0-60 mi/h) en 6 secondes.
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Annoncée en novembre
1972, la production "forcée" de la Stratos civile
(baptisée "Stradale") ne commence que fin 1973.
Calquée sur le modèle de
rallye, elle offre un châssis tubulaire, un empattement
ultra-court (218 mm), une suspension réglable et le V6
Ferrari issu des Fiat Dino et Dino Ferrari. Avec 190 ch
pour 900 kg, la "Stradale" pointe à 230 km/h.
Mais son caractère est
inadaptée à un usage grand public. Plusieurs pays refusent
d'ailleurs de l'homologuer. Fabriquées chez Bertone et
assemblées par Lancia jusqu'en 1975, les Stratos de série
ne seront pas toutes achevées. On parle aujourd'hui de 492
unités.
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La Stratos remporta son
premier succès en rallye, en Espagne l'année 1973 aux
mains de Sandro Munari. D'autres triomphes s'ajoutèrent
par la suite comme le célèbre R.A.C. de la Grande-Bretagne
et la Targa Florio. Ces nombreuses victoires permirent à
la Stratos de survoler outrageusement le championnat du
monde des rallyes en remportant les éditions 1974, 1975 et
enfin, 1976.
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En 1977, le groupe FIAT
préféra, pour des raisons de mise en marché, mettre
l'emphase sur la FIAT 131.
Le déclin de la Stratos était dès lors inéluctable.
La FIAT 131 disputa
l'intégralité du championnat du monde des rallyes 1977
tandis que la Stratos ne fut inscrite qu'à quelques
rallyes. Comme pour prouver qu'elle était toujours
compétente, la Stratos remporta quelques rallyes
d'importance comme le rallye du Monte-Carlo.
La FIAT 131 remporta néanmoins
le championnat du monde des rallyes 1977 et la Stratos
prit le chemin de la semi-retraite. Elle remporta encore
quelques victoires lors des années subséquentes aux mains
de pilotes amateurs avant de prendre définitivement le
chemin des musées.
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